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Apprendre à grandir de ses réussites

Par François Enius | 14 avril, 2009

La réussite est avant tout une attitude mentale et un sport quotidien voire permanent. À chaque instant de notre vie, nous construisons notre réussite de demain.

Notre éducation, notre culture ne nous ont pas appris à pratiquer ce sport individuel ou collectif de manière sereine. En effet la réussite n’est pas mise en avant, l’enfant qui réussit : c’est normal. Il consacre sa jeunesse à explorer un monde totalement inconnu mais peu de cas sera fait de ses actions. Il pourra être mis en valeur pour lui-même mais pas pour ses actions. « C’est un bon élève », « il n’est pas bon »…

Cela deviendra plus tard : « c’est un bon collaborateur », « il n’est pas au niveau »…

Toutes ces phrases sonnent comme une sanction. Pourquoi ?

Le verbe « être » a ceci de particulier : il s’inscrit dans la durée. « Je suis bon, je suis mauvais ». Ces phrases claquent dans notre esprit et ne permettent pas le changement.

Je suis bon, comment vais-je accepter d’être mauvais demain ?

Je suis mauvais comment puis je concevoir un monde ou je serais bon ?

Pour réussir, il faut abandonner le verbe être. Ce verbe d’état nous nuit, annihile toute possibilité de progrès, de réussite future. Même la phrase « je suis bon » nous nuit. Elle nous fige dans cette position (de la certitude du savoir). Elle nous stoppe sur la spirale de la réussite.

Je propose d’utiliser l’auxiliaire « avoir », suivi d’un acte concret : « j’ai fait », « j’ai mis en place », « je n’ai pas réussi »… L’auxiliaire « avoir » est un verbe de mouvement, il constate la vérité absolue. Ceci est vrai aujourd’hui et sera vrai demain. Cela constate aussi que ce pouvait être faux hier, dans ce cas vous mesurez en quelque sorte le progrès, l’avancement, le gain.

Constater que j’ai réussi ne m’enferme pas dans mon espace de certitude mais me permet de construire l’avenir sur cette certitude tangible de l’acte.

L’auxiliaire « avoir » vous permet de construire demain. Ce que vous réussissez est certain. Ce que vous ne réussissez pas peut être modifié, amendé, corrigé, appris…

Vous pouvez réussir aujourd’hui sans pour autant réussir demain.

Vous pouvez ne pas gagner aujourd’hui et gagner demain.

Dans la démarche de réussite, l’auxiliaire « avoir » est votre outil le plus précis et le plus juste.

Validez au verbe avoir votre réussite : « j’ai fait cela, j’ai réussi ».

Et non : « je réussis, je suis bon »

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3 réponses à “Apprendre à grandir de ses réussites”

  1. La réussite individuelle, c’est quoi ? | François Enius Dit :
    14 mai, 2009 à 12:44

    […] La réussite » globale est une chimère créée par l’utilisation du verbe être. La réussite est donc ponctuelle. Une succession de réussites et de ratés construisent un […]

  2. Exemple de rapport Dit :
    16 septembre, 2009 à 19:07

    En lisant le début de l’article, je me suis demandé si vous apportiez une solution.
    Et c’est le cas. Par contre, il me semble que ce soit assez difficile à mettre en place. De plus, le verbe avoir utilisé à la première personne parait égocentrique.

  3. therese Dit :
    11 décembre, 2009 à 12:41

    D’abord, pour “exemple de rapport” : le verbe avoir est probablement moins égocentrique que le verbe être. Mais ce serait long à argumenter…
    Ensuite, je reviens sur la solution donnée par François Enius. Elle est juste. Complètement.
    Simplement, j’ajouterais que la question de la réussite ne peut être traitée d’un seul point de vue : le mien. Je peux me “réparer” de la maltraitance que vous évoquez au début de l’article, en relativisant et mes réussites et mes échecs.
    Mais je peux aussi participer à déconstruire la manière dont la société nous condamne à réussir. Tout simplement en donnant à ceux qui nous entourent (famille et travail) des feed-backs, des signes de reconnaissance réalistes sur ce qu’ils font et non sur ce qu’ils sont.
    Cela ne changera pas la face du monde, mais nous grignoterons du terrain et au moins les gens qui nous fréquenteront en bénéficieront.

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